2015

Projet réalisé au cours d’une année de résidence de recherche
menée dans le département céramique de l’Ecole supérieure d'art des Pyrénées, Pau Tarbes

Les deux nouvelles pièces qui viennent compléter « Les objets qui dérangent » s'inscrivent dans un mouvement suspendu entre le passé et le présent, l'artisanat et le design, le fait main et la préoccupation de l'industrie.

Sur un meuble IKEA accroché au mur, une sculpture en bois de châtaignier faite à la main vient en déranger l'ouverture. À côté, le même meuble avec la même sculpture, cette fois en grès. À la manière d'un diptyque, les deux pièces distinctes ouvrent par cet espace en miroir, la possibilité d'une étude, un aller-retour entre les formes simples et les couleurs claires. Le blanc du meuble et du mur se confondent offrant au regard les matériaux laissés bruts, bois clair et terre cuite presque chair. L'objet réalisé à partir de savoir-faire traditionnels et l'objet produit par des procédés industriels entretiennent une correspondance étrange. De cet assemblage de contraires semblent émerger deux visages aux longs nez, aux orbites saillantes, à la verticalité mutique, aux regards aveugles.

Entre évanescence et apparition, la composition atténue la comparaison rigide et tisse des liens entre les hommes et le temps. Quelque part, le présent, le contemporain, le populaire, le marchand et au-dessus posé juste au bord, le passé, l'archaïque, l'artisanal, le magique comme si on ne savait plus où commençait le futur.

Diptyque
Meuble Ikea - Sculpture en châtaignier massif
Meuble Ikea - Sculpture en grès